Cette carte, sépia à l’origine, et ordinaire, est non datée ; elle doit très probablement avoir été écrite dans la première moitié du XXème siècle, plutôt au début. Elle représente le Lanslebourg de l’époque avec, au premier plan, les casernes dont Napoléon avait ordonné la construction en 1805, en complément de l’aménagement de la route du Mont Cenis, à l’emplacement actuel du quartier Napoléon. Les casernes, après avoir servi aux Français et aux Sardes, puis de nouveau aux Français, au gré des rattachements de la Savoie, finirent d’être démolies en 1980. De nombreux champs de céréales s’étagent encore à l’adret. Tout au fond, on aperçoit la calotte glaciaire de la Vanoise qui a bien diminué depuis.

texte militaire

 

 

Au verso, on trouve le nom du photographe-éditeur de cette carte à Chambéry, A. Doron. Le texte, écrit maladroitement, tant par la graphie que par son orthographe, par un “pauvre soldat” qui trouve le temps bien long, peut inspirer quelque pitié. Pourtant son humour hésitant entre fatalisme, fuite ou révolte, est tout à fait revigorant ; ce Georges Trouillon, au nom prédestiné entre troufion et trouillard, écrit :

« le Bonjours d’un pauvre soldat sur les mauditte frontières italliennes quand la neige tonberas noire et que les corbeaux serons blanc le 99 RI A [régiment d’infanterie alpine] sèfaceras de Ma mémoire.

Ma Meïeure conbine serait la fuitte enfin plus que 17 mois

A sette carte et à Moi comme la brusse [brousse] a son roi Trouillon et mon nom Georges mon prénom la France Ma nation le 99 Mas Prisson [ma prison]

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